Mise en garde contre le crédit hypothécaire à terme fixe lié à une assurance-vie

credit bullet

Il arrive que certains établissements financiers proposent aux emprunteurs d’opter pour un crédit hypothécaire à terme fixe et de lier celui-ci à un produit d’assurance vie. Cette pratique est pourtant dénoncée par certains organismes, notamment par le SPF Economie et la FSMA, comme étant financièrement risquée pour l’emprunteur. Les paragraphes suivants aideront à mieux appréhender les risques comportés par cette formule.

Crédit hypothécaire à terme fixe : qu’est ce que c’est ?

Le crédit hypothécaire à terme fixe, aussi appelé crédit bullet ou encore crédit in fine, est un type particulier de crédit. Sa spécificité réside dans le fait que seuls les intérêts sont remboursés sur la durée du crédit. Le montant de l’emprunt (réduit des intérêts), lui, n’est intégralement versé qu’à l’échéance du contrat. Le principal avantage d’un tel crédit est qu’il procure une capacité d’emprunt plus importante à l’emprunteur.

Mais rembourser le montant de l’emprunt en totalité à la fin du contrat de prêt ne parait pas toujours évident. Surtout qu’il s’agit souvent d’une somme élevée. C’est pour se protéger contre ce risque de non-remboursement que les établissements prêteurs peuvent proposer de coupler le crédit bullet à un contrat d’assurance-vie (de la branche 21 ou de la branche 23). Pour que le produit de l’assurance serve à reconstituer le capital.

Quels sont les risques d’un tel crédit associé à une assurance-vie ?

Bien que la formule « crédit hypothécaire à terme fixe/contrat assurance-vie » paraisse intéressante, elle comprend quelques risques et inconvénients. Le coût d’un crédit hypothécaire à terme fixe est souvent bien plus élevé que celui de crédits classiques. Et la souscription à une assurance entraine des taxes et d’autres frais. En gros, tout cela peut revenir cher et représenter un désavantage pour l’emprunteur.

En outre, si le produit d’assurance n’est pas suffisamment rentable, l’emprunteur peut ne pas avoir la possibilité de rembourser le montant du crédit à l’échéance. D’autant plus qu’il n’y a pas de garantie sur le capital et le rendement pour une assurance-vie en branche 23. Enfin, les emprunteurs avec un crédit bullet encourent plus de risques que les emprunteurs avec un prêt hypothécaire classique en cas de chute du marché immobilier. Car aucune partie du capital n’a encore été remboursée.

Quelles sont les autres alternatives de remboursement du capital?

Compte tenu des différents risques suscités, il faut remarquer que le crédit hypothécaire à terme fixe (associé ou non à une assurance-vie) n’est pas recommandé à tout un chacun. Ce type de crédit ne doit être proposé qu’aux emprunteurs sûrs de pouvoir compter sur un futur capital. Ce dernier peut concerner une donation, un héritage garanti, un produit de placement ou d’investissement, ou le produit d’une vente future d’un bien immobilier.

Il est nécessaire de noter que les conséquences d’une incapacité à rembourser le capital emprunté sont dangereuses. L’emprunteur pourra être obligé de vendre le bien hypothéqué, ou encore de contracter un nouvel emprunt pour solder le capital. Il convient donc de réfléchir à deux fois avant de prendre le risque d’opter pour le crédit bullet.